Argumentaire :

           Confrontés à l’expérience d’une crise identitaire, incontournable dans le processus de métamorphose pour devenir adulte, les adolescent(e)s ont besoin d’étayages dans leur environnement. Ils les rencontrent parfois dans leur famille ou en dehors, dans le cadre scolaire, dans des groupes institués ou informels ou encore dans les lieux de vie de leur quartier. Par contre, la capacité de l’école à les soutenir dans ces processus est régulièrement interrogée. N’apparaît-elle pas parfois hésitante à laisser entrer l’adolescence dans l’enceinte scolaire ?

       Ce qui est proposé aux adolescents sur la scène sociale est rarement sécurisant et leur offre plutôt un environnement de plus en plus incertain, mouvant, qui risque d’entrer en résonance avec leur propre insécurité. Malgré tout, chacun d’entre eux tente, avec les moyens dont il dispose, d’accomplir l’exigeant travail psychique de subjectivation propre à cette période de la vie. L’adolescence est cette aventure singulière et redoutée où les menaces émanant du contexte social et culturel viennent redoubler la menace intrapsychique inhérente à ce temps de construction. Dans ce travail de transformation de soi, l’autorisation des adultes est un étayage fécond et nécessaire pour que l’adolescent parvienne à traverser ces « turbulences » et puisse grandir. L’absence de cette autorisation ou, pire encore, les entraves au processus de développement engagé mettent en danger les adolescents eux-mêmes, ainsi que la société à laquelle ils appartiennent.

           Le colloque sera l’occasion de participer au renouvellement des réflexions sur la manière dont l’adolescent se déplace, de position en position, pour parvenir à construire ses propres compromis provisoires.

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